Centrage et équilibre. N’écoutez pas ce qu’on vous dit !

On entend souvent parler de centrage, d’équilibre, d’alignement ou de posture. Quand le temps vient d’appliquer ces idées pour vous-même, voici ce que vous devriez savoir et dont on ne parle jamais dans la plupart des formations sur le corps et le bien-être.

Sur les flots de la vie, votre corps est comme un navire

bateauLorsque je vivais en Polynésie, j’avais un ami marin. Il gagnait sa vie en réparant des bateaux sur le port de Papeete. C’était un artisan qui connaissait bien son métier. Comme habitation, je louais  son voilier sur lequel nous avions l’habitude de nous retrouver en fin de journée pour contempler les couchers de soleil. Sous le charme de cette beauté tropicale, en bon marin, il me racontait ses aventures en mer, les périls de la navigation et l’importance d’avoir un bateau fiable et bien entretenu. “En mer, ta survie dépend de ton bateau” disait-il. “Il faut en prendre soin. Un éclat de peinture sur la coque, les bouts, des haubans détendus, la voilure, tout doit être remis en état le plus rapidement possible. La moindre négligence peut être fatale”.

Je fus interpelé de découvrir combien les analogies entre navigation et Seitai sont nombreuses. Par exemple, le mât d’un voiler n’est jamais placé au hasard. Sa hauteur et la façon dont il est fixé à la coque non plus. Il doit être en parfaite coordination avec le centre de la coque et la quille. La masse de la quille accentue le centre gravité du bateau et sert de contre poids afin de toujours maintenir l’embarcation à flot. Je ne crois pas qu’un architecte naval s’aventurerait à placer la quille en haut du mat. Le bateau se coucherait immédiatement sur le côté et coulerait certainement. Ce serait un désastre.

En ce qui concerne l’être humain, c’est la même chose :
Le bateau, c’est votre corps. La coque représente votre bassin, le mât, votre colonne vertébrale, les voiles, les poumons, les haubans, vos muscles, et la quille, votre centre de gravité concrétisé par la force dans votre ventre. Ce dernier point est peut-être moins aisé à comprendre et mérite de s’y attarder un peu.

Votre centre est votre force de vivre

Dans l’ancien Japon, on localisait la force de vivre de l’être humain dans le fond du ventre. C’est d’ailleurs pour cette raison que les samouraï se tranchaient le ventre lors du suicide rituel appelé “seppuku” (setsu : couper, et fuku : le ventre). Ainsi, on était certain qu’ils ne survivraient pas. Par ailleurs, la vie se porte dans le ventre, ce que vous mangez est digéré dans le ventre. Beaucoup d’émotions sont  ressenties dans le ventre, comme la peur, la colère, l’angoisse, etc. Dans le Japon d’autrefois, le ventre était reconnu comme le siège de la force de vivre, et donc de la volonté et de l’action. Aujourd’hui encore, un ventre plein de vitalité est le garant d’une bonne santé et d’une certaine facilité à traverser les difficultés de la vie, comme un bateau bien conçu va sur l’océan.

En haut du mat des bateaux d’autrefois, il y a avait la vigie. Poste à partir duquel un membre de l’équipage observait le lointain à l’affut d’un ennemi potentiel, d’un bas-fond ou de la terre. C’est connu : plus on monte haut, plus on voit loin. De nos jours, la vigie est remplacée par les antennes de transmission, mais la fonction est la même. Dans le corps humain, c’est quasiment pareil. En haut de la colonne vertébrale il y a la tête qui permet entre autre, de scruter l’environnement, de dresser des plans et de nous projeter dans le futur. Toutefois, c’est la force dans le ventre qui permet d’agir. Le cerveau seul ne le peut pas.

Maintenant que vous avez compris l’analogie entre navigation marine et corps humain, le point suivant sera plus facile à comprendre.

Le centre de gravité de l’Homme moderne n’est plus en place

Si vous avez compris la fonction de la quille, de la coque et du mat, vous comprenez aisément que placer la quille en haut du mat rendrait la navigation impossible et dangereuse. De même que la quille d’un bateau se trouve sous la coque, la force de vivre des êtres humains se trouve dans le fond du ventre. Cette condition confère au corps et à l’esprit, équilibre, résilience, pouvoir d’action et capacité de réalisation dans un environnement toujours en mouvement. Alors, qu’est-ce qui ne va pas ?

Notre espèce est fière de son “intelligence” et de la supériorité qui lui vient du développement de son cerveau. De fait, nous avons évolué dans la sphère du mental. Nous vivons depuis longtemps dans une civilisation ou l’usage du mental est en permanence stimulé à l’extrême. Or comme un ordinateur, notre cerveau est un grand consommateur d’énergie. Plus nous le stimulons, plus il consomme d’énergie vitale. Avez-vous remarqué comme vous pouvez être fatigué(e) quand vous pensez trop ? Si vous persistez sur cette voie, la force dans votre ventre s’affaiblit et décroit. Puisque nous prenons pour acquis que penser est le propre de l’Homme, on ne se rend pas compte des effets sur la vitalité. Cependant, le phénomène est facilement observable chez les personnes en dépression qui, n’ayant plus de force dans le ventre n’arrivent plus à mobiliser leur volonté efficacement. La volonté n’est pas dans la tête, mais dans le ventre.

Trop stimuler le cerveau notamment par le stress au travail, les études, par les nuisances sonores, le bavardage, la télévision, les mauvaises nouvelles, ressasser des idées noires, vivre dans sa tête, etc, fait monter l’énergie vitale à la tête. La respiration ne pénètre plus dans les profondeurs du corps. Résultat : la vitalité associée à notre centre de gravité naturel migre progressivement vers le thorax, les épaules et la tête et nous vivons une inversion de l’équilibre.  En tant qu’espèce, nous devenons mentalement très performants, capables d’inventer des concepts et des technologies hautement perfectionnés. Mais dans le même temps, des aptitudes aussi simples que suivre son instinct, s’ouvrir à l’intuition, ne sont plus possible sans subir le parasitage du mental. On doute, on a peur, on n’ose pas, on se dévalorise. Ou alors, nous ne savons plus prendre de décision, nous affirmer ou nous défendre. Nous sommes frustrés quand nous n’arrivons pas à nos fins, ou quand nous constatons que nous avons fait un mauvais choix, autre preuve que notre énergie vitale s’amenuise et que notre navire n’est plus en équilibre. Pourtant à l’origine, suivre son intuition ne demande aucun effort. C’est comme de sentir venir la vague quand on surfe. Ça ne se réfléchit pas, ça se sent. La volonté n’est pas dans la tête. Elle est dans le ventre. Les animaux sauvages le savent mieux que nous. Nous vivons avec la quille dans la tête et nous trouvons cela très bien. Je me demande ce qu’un samouraï de l’ancien temps ou un soldats de Sparte penserait de notre force de vivre.

Un être humain en bonne santé est fort dans son ventre et n’a pas besoin de penser plus que de nécessaire. Il traverse la vie comme un bon bateau fend la mer. Il danse au gré de l’onde, mais garde son aplomb et son cap vers sa destination (réalisation). La volonté n’est pas dans la tête, mais dans le ventre.

Si ce point est trop abstrait pour vous, rejoignez-moi à un atelier ou une retraite. Je me ferais un plaisir de vous le démontrer. Mais je dois continuer parce que ça ne s’arrête pas là. Voici ce que vous devez savoir d’autre.

Centrage et décentrage. Les effets sur votre qualité de vie

Ainsi, bien vivre, savoir se tenir, se réaliser dans la vie n’est plus simplement une question de posture, d’alignement ou d’intelligence. C’est aussi et surtout une question d’énergie. Or quand votre corps manque d’énergie dans son centre, vous avez plus difficilement accès à vos ressources, ou ne savez pas en faire usage. vous lever, agir, penser, vous exprimer, vous affirmer, prendre votre place semble impossible. La vie paraît difficile.  L’absence de force dans votre ventre altère votre perception de la vie. vous êtes plus réceptifs ou (fragile face) aux énergies négatives que vous semblez attirer comme un aimant. Ça vous épuise et ruine davantage votre énergie vitale. Guérir de maladie et de blessures est plus long.

En revanche, quand votre corps tient sa vitalité comme la nature l’a prévu à l’origine, vos ressources sont spontanément accessibles. C’est facile alors de penser et d’agir en même temps. Vous atteignez facilement vos objectifs, et si ce n’est pas le cas, vous rebondissez rapidement. Quand vous êtes malade, votre corps tend de lui-même vers le changement et la guérison. La vie parait facile et vous êtes confiant(e).

La perception que chacun à de la vie est égale à la force qu’il a dans le ventre.

Conclusion

Ainsi, le corps est comme un navire qui, s’il est bien ordonné, s’organisera toujours pour revenir à l’équilibre. Entretenir la force de votre ventre est sans aucun doute plus intéressant que courir après la santé ou corriger la posture par des moyens externes. Ça peut marcher, mais c’est différent.

Le corps est conçu pour changer et s’améliorer. La nature est faite ainsi. Alors mettez cela en application et vous redécouvrirez certainement que vivre est un plaisir spontané latent en chacun.

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