Aujourd’hui, j’ai une fièvre de cheval ! Je ne me sens pas la force d’assumer le Seitai Live. Pour une fois depuis de longs mois, je me permets donc un petit moment de relâche pour me rebâtir un peu. Je pense que vous ne m’en voudrez pas. La fièvre est l’allié de la santé. Je veux en profiter.
En remplacement, voici un texte extrait du livre Seitaiho – Etre humain dans son corps. Je le partage avec vous car il cadre bien avec l’exploration que nous faisons de notre corps depuis les 3 dernières semaines. Quand vous aurez terminé la lecture, dites-moi sincèrement ce que vous en pensez dans les commentaires en bas de page. 1 cela me permettra d’avoir votre opinion sur le travail que je partage avec vous, et cela aidera le site à être un peu plus connu aussi.
Bonne lecture.
Vivez pleinement.
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Il y a deux semaines, j’ai fait une expérience très intéressante qui m’a incité à approfondir certaines réflexions que j’avais déjà entamé lorsque je voyageais autour du monde. J’étais à Londres dans un petit groupe de dames qui étudient le SEITAI sous la direction de Kazemaru YUKAWA, praticienne certifiée du dojo de Maître IMOTO.
Là, une dame d’une quarantaine d’année m’a demandé très gentiment : “Olivier, quel état d’esprit faut-il avoir pour prendre conscience de son corps comme vous l’écrivez dans votre newsletter ?”
Cette question si simple me fit presque sursauter. A vrai dire, après avoir passé presque dix ans sous les ordres de Maître IMOTO, je n’avais jamais envisagé le SEITAI sous cet angle typiquement occidental, et j’ai eu malgré moi une réaction que je trouve très japonaise. Je lui dis : “je ne sais pas quel état d’esprit il faut pour ressentir son corps, mais dès maintenant, tel que vous êtes assise, pouvez-vous sentir vos hanches?” Instantanément, je la vis cligner des yeux comme si son cerveau se mettait a exécuter des opérations inhabituelles.
Spontanément, elle dressa la tête, puis le cou, puis le torse, pour enfin s’asseoir bien droite sur sa chaise. Il ne fallut pas plus de cinq secondes pour voir que, sans même y penser, elle accompagnait sa respiration jusque dans ses hanches. La réaction ne se fit pas attendre. A son grand étonnement, elle découvrait qu’elle pouvait sentir ses hanches de l’intérieur sans que cela demande le moindre effort intellectuel. Surprise, elle s’exclama: “Ouah ! Je n’avais encore jamais visité cette partie de mon corps !”
Pendant les minutes qui suivirent, elle continuait d’apprécier avec enthousiasme le plaisir que lui donnait la perception intérieure de son propre corps.
Désormais, c’est devenu une habitude très fortement ancrée en l’homme moderne de vouloir tout appréhender par la force de son esprit. Notre intelligence nous permet d’aborder et de nous ouvrir à des dimensions infinies. Mais plus nous élargissons notre savoir, plus nous risquons d’élaborer une compréhension abstraite du monde et de notre propre existence. Nous devenons extérieurs à nous-mêmes. A cause de cela, il devient de plus en plus difficile de penser simplement, et nous perdons une qualité essentielle des êtres vivants qui est de ressentir la vie par les sens. Or, plus nos sens s’engourdissent, plus il faut recourir à l’intellect et au savoir pour se donner un sens à soi-même. Par ce processus même, la santé se perd. Finalement, elle devient une quête quand nous oublions qu’il s’agit d’une qualité intrinsèque à la vie.
En vérité, aucun état d’esprit particulier n’est nécessaire pour ressentir son corps. Il suffit d’être attentif à soi-même, voilà tout.
Quand nous nous offrons un peu d’attention, notre corps se redresse, tandis que les sens s’éveillent. Le corps perçoit en lui les zones défaillantes où la vitalité doit se mobiliser et s’ajuster avec davantage de précision. Tandis que la vitalité se répartie pour rétablir l’équilibre, émerge spontanément une perception de soi qui vient de l’intérieur. Quand l’attention retourne sur les sens, on peut sentir très naturellement le corps à l’oeuvre pour se libérer et recomposer l’équilibre. Arriver à mieux se sentir, aide naturellement à se sentir mieux. Il n’y a rien de magique à cela. L’état d’esprit auquel on aboutit n’est donc pas un but en soi, mais une condition naturelle du corps en éveil.
Je pense que l’excès de réflexion sur les conditions de l’éveil retarde la possibilité de s’éveiller. Bien souvent, on cherche à comprendre le fonctionnement de l’expérience dont parlent les sages de tous pays au lieu de se livrer pleinement à l’expérience. On se lance dans une gymnastique intellectuelle absconse qui inhibe les sens et engourdit le corps.
Le corps trouve son équilibre par la perception qu’il a de lui-même et de son environnement. Tant qu’il est souple, il prend plaisir à vivre. Il extériorise son plaisir en prenant l’attitude ou le comportement d’être bien.
A la différence des autres animaux qui peuplent la terre, j’ai idée que l’être humain semble avoir développé la faculté d’utiliser son cerveau pour analyser le monde sans lier celui-ci à son propre fonctionnement. D’où la profonde dichotomie entre l’être et le mal-être qui caractérise un grand nombre de gens dans nos sociétés modernes.

Quoiqu’il en soit, je regardais cette femme prendre du plaisir à reconnaître son corps de l’intérieur. Elle semblait sincèrement apprécier l’expérience. Plus sa perception se clarifiait, plus son corps se dressait, ses épaules se détendaient tandis que son visage s’adoucissait . Ses traits devenaient plus gais, plus jeunes et plus lumineux. Quelques minutes plus tôt elle se tenait courbée, l’air fatiguée. Maintenant elle libérait son charme. J’en conclus que lorsque l’être humain sait se tenir, il devient beau naturellement.
Puisque vous prenez la peine de lire ces lignes, pourquoi ne pas vous livrer à une petite expérience? Dès maintenant, tel que vous vous tenez, pouvez-vous sentir vos hanches?

Hello olivier
Soigne toi bien, on te souhaite de bien te ressourcer
A + donc
Bien “seitaiement” avec toi
Claude
@claude 43,
Hello Claude,
Oui je prends soin de moi. C’est promis.
Merci pour tes bons voeux.
Oiivier
A propos de l’ extrait du livre seitaiho Etre Humain dans sons corps
Olivier
J’ apporte ma petite pierre à titre de commentaire qui va dans le sens du passage cité de ton livre (dont je recommande franchement la lecture tellement il est précieux), et du travail que nous faisons avec toi dans Seitai live ces dernières semaines.
Je t’ avais fait part de mon problème de pied avec hallux valgus et raideurs des orteils.
Hier soir j’ ai refait le petit exercice allongée et ramerner les pointes de pieds vers soi avec aussi l’ intention dans le petit orteil, c’ était pour travailler sur la 5 ème lombaire. Et… catastrophe une crampe dans le pied !je n’ aime pas bien! ça dure et on ne sait comment se tourner…
Alors, j’ ai fait instinctivement ce que nous avons pratiqué dans les dernières leçons : j’ ai pris une grande inspirations, laissé la respiration se répandre profondément dans tout le corps..jusqu’au bout des orteils…avec l’ attention bienveillante et douce pour mon corps,et là!!!!Incroyable!
ca a été comme switch on ! comme si un fil qui tire trop fort s’ était coupé d’un coup, un petit courant électrique :la crampe avait lâché ! j ‘ai regardé mon pied avec tendresse! et il se passait réellement quelque chose dans mon pied, quelque chose circulait et une certaine souplesse revenait. Supercontente!
je viens de le refaire à l’instant, histoire que le corps garde bien cela en mémoire.
Bien sûr je fais mes exercices tous les jours, peut être que si ça n’ avait été que la première fois ça ne serait pas passé comme cela? Peu importe ! je vis avec mon pied ( je n’ ose pas dire autre chose ….!)
Alors qu’ est-ce qu’on dit ? Merci le Seitai!
A + Olivier
Claude
Bonjour Olivier,
si ce n’est un état d’esprit particulier, c’est certainement une orientation du regard. Un regard qui apprend à se tourner en soi dans un premier temps, alors qu’il n’avait été éduqué qu’à scruter l’horizon du temps, puis s’élargit pour embrasser les communications entre soi et ce qui ne l’est pas, jusqu’à…ne plus sentir le besoin de cette séparation?
Bon retour à l’équilibre.
Oui ,parfois, mais cette conscience n’ est pas bien rodée.
Humour : l’ enfant nage et dit à son père ” papa c’ est encore loin l’ Amérique ? et son père lui répond : Tais-toi et nage ! et bien pour moi ce travail d’ attention, c’ est à peu près ça ….
Bon rétablissement à toi Olivier
Claude
Salut Olivier,
Je viens de découvrir ton travail et tes enseignements, très intéressant. Comme tu le mentionnais dans un vidéo, il est plus facile de te rejoindre par ton blog.
J’habite dans la région de Montréal et j’aimerais savoir s’il est possible d’avoir une consultation dans ta région à Baie des Sables.
J’ai besoin de travailler ma posture et j’ai des oignons aux pieds. il me reste quelques jours de vacances à prendre dans les prochaines semaines. Je suis prêt à me déplacer dans le cin du Lac St-Jean.
Merci
Marc
marqueb@hotmail.com