A juste titre, Francis me questionne quant au point de vue du Seitai sur la courbure lombaire. Si vous suivez les activités du blog, plus précisément le Seitai Live, vous m’avez beaucoup entendu énoncer le lien qui existe entre la cambrure et la santé. Au-delà de la forme courbée ou non de la cambrure lombaire, il faut comprendre que cette partie du corps assume une fonction. L’important et donc le “fonctionnement” de la cambrure.
Question
Bonsoir Olivier encore une excellente émission riche en info. Tu as effectivement parlé des lombaires et malheureusement pour moi c’était trop court pourras-tu revenir sur le sujet si c’est possible car je suis d’accord avec toi et le Seitai sur la structure naturelle de la colonne vertébrale et sa courbure mais je ne comprends pas pourquoi certains s’obstinent à maintenir qu’il faut aligner les vertèbres et effacer la courbure.
En tout cas merci et pardon d’insister sur le sujet j’espère que cela ne te dérange pas ainsi qu’aux autres lecteurs du blog.
Réponse
Parfois, c’est OK d’accepter de ne pas comprendre. Ce n’est pas grave.
Pourquoi certains s’obstinent à maintenir qu’il faut aligner les vertèbres et effacer la courbure ? Je l’ignore. Il faudrait étudier les fondements de leur art. C’est le cas en ballet par exemple, dans certains gestes de gymnastique olympique, en taichi et qi-qong etc. Certains spécialistes en thérapie affirment cela aussi. Pourquoi pas ?
Maintenant, l’argument du Seitai n’est pas tant la question de la courbure lombaire, même si elle est très importante, que l’élasticité et la mobilité des vertèbres lombaires. Car même cambré, le corps n’est pas agile et libre de ses mouvements si les vertèbres sont rigides et dures.
Par ailleurs, il y a des personnes peu cambrées au corps agile, simplement parce que les vertèbres sont encore souples.
Ces nuances deviennent évidentes lorsque l’on étudie la technique du Seitai pour évaluer la mobilité de vertèbres. Là, on se rend compte que lâcher le dos et les hanches peu convenir pour certain(e)s, et être source de tensions et de déséquilibre pour d’autres. La distinction passe par la capacité du corps à préserver la souplesse de chaque lombaire.
Maintenant, tu observeras que dans la vie réelle, c’est à dire hors cadre de pratique martiale, sportive ou artistique codifiée, les personnes les plus disposées à s’exprimer et à prendre leur place pleinement dans la vie disposent d’une bonne résilience dans leur hanche. Cette résilience spontanée est en corrélation avec la cambrure et la souplesse des vertèbres. Dans un autre cas de figure, regarde comment les gens fatigués, voir en dépression, se tiennent. On dirait que le bassin tire le corps en arrière et puise toute l’énergie. Lorsqu’il n’y a plus de résilience dans la hanche, l’esprit peine à rebondir.
Biensûr, pour comprendre cela, on n’a pas d’autre choix que de lâcher nos conditionnements et nos idées préconçues sur ce que devrait être la santé. je crois que c’est exactement là le vrai noeud du problème. Il faudrait prendre le temps de s’intéresser à découvrir la vie telle qu’elle est vraiment. Poursuivre une idée issue de notre mental pour devenir ce qu’on n’est pas, n’est pas sain pour la vie et la santé.
En conclusion, je pense qu’on devrait pratiquer un sport ou un art corporel seulement s’il nous convient corps et âme, et non parce que c’est prétendument bon pour la santé, à la mode, ou parce que tel maître ou tel athlète a atteint un niveau de connaissance ou de conscience dit “supérieur”.
Quelque soit le chemin que l’on prend, le corps se transforme toujours en fonction des habitudes et des entraînements que nous poursuivons. Mais quel intérêt de pratiquer et de poursuivre un idéal si cet idéal ne correspond pas à notre vraie nature ? Or il est beaucoup difficile de se connaître soi-même que de modéliser un maître.
Alors, comment savoir si la voie nous convient corps et âme ? En observant la souplesse des vertèbres lombaires et la force dans le ventre. “Si souplesse et force il y a, sur le chemin, tu t’éveilleras” aurait pu dire Yoda. Dans le cas contraire, on poursuit une illusion.
Et vous, quel est votre point de vue ?
Vivez pleinement.
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* légende photo :
l’exercice Joge Taiso libère la ceinture scapulaire en renforçant la région lombaire et la cambrure.

pour effacer la courbure cela vient de Caycédo (sophrologie)
effacer la courbure cause de tant de maux
Olivier Reply:
avril 17th, 2010 at 16:43
@Thierry,
Hello thierry,
Chaque fois que le corps souffre, qu’il perd son énergie, qu’il est contrarié, ou simplement stressé, on observe que le dos s’allonge et la courbure lombaire s’étire vers le bas.
Cette attitude non cambrée n’est pas forcément douloureuse, mais elle vient malgré tout avec son lot d’inconfort et d’immobilisme.
Etudier la vie dans le corps permet de comprendre que : le fait d’effacer la cambrure sert tout simplement à ralentir le cerveau et l’esprit, et met le corps en état de stand-by face à la douleur et les difficultés. Les praticiens de sophrologie le savent-ils ? Peut-être, peut-être pas.
Je reconnais l’utilité pendant une séance si cela permet de connecter et d’apaiser l’inconscient. Mais au-delà de la séance, constamment effacer la cambrure risque fort de ralentir et de retenir l’élan de la vie dans le corps, et surtout, l’élan de faire face aux difficultés de la vie avec force et puissance.
Je n’ai absolument rien contre la sophrologie. Comprenez-moi bien. J’y vois simplement une approche de la santé influencée par des valeurs culturelles. Par exemple, le Seitai intime à l’être humain de se dresser et à faire face à sa vie avec toute ses compétences disponibles, jusqu’à ce que s’éveille sa puissance intérieure.
En occident, on a plutôt tendance à ménager la personne au contact de ses émotions et de la douleur. On adhère à l’idée d’éviter la souffrance à tout prix, ainsi que le contact avec toute forme de souffrance.
Ce n’est pas bien et ce n’est pas mal non plus. C’est, selon moi un conditionnement culturel. Les japonais ne craignent pas le mal pour le bien. C’est dans leur culture. Cet aspect culturel a imprégné leur société et bien sûr, les pionniers du Seitai ont développé des techniques qui consistent à réveiller le réflexe de survie du corps en stimulant les parties engourdies et insensibilisées de celui-ci.
Or, lorsque le corps retrouve sa sensitivité, l’énergie de se guérir émerge avec la cambrure qui s’assouplit et se reforme.
C’est tout.
Merci pour ton intervention Thierry. C’est très intéressant ce partage avec vous.
Olivier
Bonjour Olivier, je viens de lire cet article (en fait je cherche encore le chemin à la vidéo…) et je pense à une de mes amies qui, suite à un grave accident de voiture s’est retrouvée avec L4-L5 soudées. Peut-être même L3 dans le package… Enfin bon, quand on la regarde de profil elle a zéro cambrure, une vraie planche à repasser, une cata pour l’exercice Joge Taiso, et sûrement plein d’autres.
Dis-moi, Seitai s’accommode comment des soudés de la colonne ?
Olivier Reply:
avril 17th, 2010 at 17:38
@Laurence GARCON,
Salut Laurence,
A quelle vidéo fais-tu référence ?
Tu demandes : “Le Seitai s’accommode comment des soudés de la colonne ?”
C’est sûr qu’il faut tenir compte de la condition de la personne. Ce serait la torturer que de la lancer dans un exercice tel Joge Taiso ou tout autre taiso sans préparation.
Il faut tenir compte de son état présent et de la façon dont les vertèbres se sont soudées. Dans le cas où les lombaires (ou le dos) sont maintenues par une barre métallique, malheureusement, il n’y a plus grand chose à faire. L’idéal est d’agir avant d’en arriver là.
Pour ma part, j’invite les personnes concernées à accorder beaucoup d’importance au fait que le corps est conçu pour guérir (si, si, c’est vrai).
Votre corps aime qu’on lui accorde une attention sage, ferme et entière. Lorsque vous prenez le temps d’être avec votre corps sans réserve, ce dernier s’organise pour se rapprocher de la présence que vous lui accorder. C’est à dire qu’il va de lui-même prendre les dispositions pour vous permettre d’être encore plus proche (en contact) de lui. Au besoin, il va dénouer des noeuds profonds, réajuster les tensions ainsi que les vertèbres s’il le faut. C’est extraordinaire et tout à fait naturel en même temps.
Avant de se lancer dans les taiso et les techniques d’ajustement, mon meilleur conseil est de découvrir ou redécouvrir les vertus de Gyokiho. C’est le premier exercice qu’on enseigne dans les initiations de Seitai. C’est d’ailleurs la première leçon du programme en ligne à laquelle tu viens de t’inscrire.
En vous donnant le temps, et en pratiquant Gyokiho avec un coeur ouvert et libre d’intention, vous ne pourrez pas manquer le fait que votre corps est déjà disposé à s’ajuster et à se réorganiser en faveur de votre santé. Le corps est conçu pour cela.
Il faut simplement lui accorder l’attention juste et le délais nécessaire pour renouer les liens avec nos esprits très préoccupés et impatients.
Ainsi, pour répondre à ta question, le Seitai s’accommode des “soudés des lombaires” en guidant leur attention sur leur corps, afin de mettre au premier plan la responsabilité de chacun de renouer avec son corps. L’intention est de prendre ce lien comme base de départ avant de faire le premier pas vers les techniques d’ajustement, dans le respect des compétences de chacun.
Bonne fin de semaine
Olivier
Merci, je lui ferai lire ta réponse. Et quant à moi j’ai de quoi “alimenter” mon week-end. Merveilleux dimanche à vous tous.
LÔ