Ce matin j’ai animé un atelier un peu particulier. Cela arrive souvent que de nouveaux membres me demandent de leur faire “un soin” quand ça ne va pas dans leur vie. Biensûr, c’est quelque chose que j’aime faire. Cependant, je me méfie toujours de certains comportements qui tendent à rendre une personne dépendante d’une autre, notamment si cette autre personne est supposée avoir “un grand pouvoir” 8-). Par ailleurs, je ne crois pas éthique de soigner quelqu’un, si une partie d’elle-même ne veut pas guérir (entendez : changer).
Ma plus grande motivation à transmettre le Seitai est que chacun retrouve son pouvoir personnel et s’en saisisse pour se découvrir, dépasser ses peurs et vivre intensément. Dans ce cadre, les Taiso sont d’excellents tremplins pour atteindre ce résultats. Ils vous obligent à mobiliser vos forces d’une façon qui vous met directement en relation avec votre corps et vos limites. Or, grâce à la pratique des Taisô, on a souvent vu des membres changer d’aptitudes et de comportements assez rapidement. Au fur et à mesure que le corps s’ajuste, l’esprit qui vit dans ce corps se libère des ses propres désordres. C’est ainsi que la technique du Seitai met en évidence le lien profond entre ce que vit notre corps, et notre façon de penser. L’un apparaissant un peu comme le miroir de l’autre.
Cependant, parfois il ne suffit pas de faire un taiso pour se tirer d’affaire, car les Taiso ne sont pas une formule magique, ni une panacée. C’est pourquoi, de temps en temps, je dois pousser les membres dans leurs retranchements afin de les mettre au pieds du mur. Mon intention est de les amener à constater la présence de la vie en eux, et à observer la façon dont ils s’en séparent et, se faisant, souffrent.
Je n’ai pas fait d’études à ce niveau, mais il me semble que ce travail auquel j’invite les membres à participer, et que je m’amuse à appeler “le Sentiment Corporel“, stimule implicitement les deux principales caractéristiques du cerveau (rationnel et abstrait). En tout cas, en retrouvant la présence de la vie en soi, les membres constatent l’émergence d’un certain équilibre, un retour de la paix intérieure, du bien-être et, pour ceux qui en ont besoin, la confiance en leurs propres capacités. Rendu à ce point, la pratique des taisô prend un sens bien différent que simplement chercher à fuir une situation déplaisante.
En visite au Québec pour le stage, mon ami Nicolas Champoux m’a invité à m’intéresser au travaux du Dr Jill Boilte Taylor. Neurologue, elle a étudié comment notre cerveau fonctionne pour rendre nos rêves réels. Puis, sa vision scientifique changeant à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Dans cette vidéo elle offre son témoignage avec humour et émotion, tandis que sa vision scientifique apporte une lumière passionnante pour qui s’intéresse au fonctionnement de l’être humain. Elle m’ouvre ici une perspective plus large quant au “Sentiment Corporel” tel que je l’ai fait travailler dans l’atelier de ce matin.
http://www.dailymotion.com/video/x8agq2PS : Comme promis, Le livre Seitaiho – Etre humain dans son corps est en promotion jusqu’au 17 septembre. Pour le commander, cliquez ici, ou sur le menu “Livre Seitai” en haut de la page.
Vivez pleinement
Olivier

Je reviens pour dialoguer, mes occupattions me laissant un peu de temps libre de nouveau.
J’avoue que j’ai du mal avec cette notion : « je ne crois pas éthique de soigner quelqu’un, si une partie d’elle-même ne veut pas guérir (entendez : changer). »
Le thérapeute est-il le mieux placé pour dire si quelqu’un veut guérir, changer, ou pas ? C’est un argument imparable pour une personne de s’entendre dire, comme me l’ont rapporté des amis récemment : si ce que j’ai mis en place n’a pas marché pour vous, c’est qu’au fond, inconsciemment, vous ne souhaitez pas guérir.
La personne serait seule à pouvoir dire sa volonté ou non d’évoluer, mais comme on la renvoie à son inconscient, elle n’a même pas cette possibilité. Et la plupart du temps la réponse lui est soufflée, par la société, par les amis, par les médecines parallèles qui sont las de la voir souffrante : ta volonté inconsciente interfère.
Ma première question serait : pourquoi et comment relier la volonté à l’inconscient, selon le point de vue seitai ?
Le seitai ne replace-t-il pas l’involontaire comme partenaire indissociable de l’inconscient, un peu comme les deux faces d’une même pièce ? Si l’involontaire, sous l’influence du seitai, ressensibilise l’organisme à ses besoins, pouquoi l’inconscient n’en bénéficierait-il pas ? Peux-tu m’éclairer sur ce point ?
D’autre part, la théorie de la différenciation des hémispères cérébraux a été envisagée, puis abandonnée dans les années 70. Une critique qui me semble assez pertinente se trouve sur :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jill_Bolte_Taylor
La découverte plus récente de la plasticité spontanée et presque illimitée du cerveau dans certaines circonstances a donné des résultats plus prometteurs.
Merci en tous cas pour ces occasions de dialogue,
Andréine Bel