Les gestes justes pour bien préparer son accouchement

Avant de commencer mon article, je souhaite informer ceux et celles qui le souhaitent qu’il reste encore des place pour la matinée d’information du 8 Février sur le thème des lombalgies, sciatiques hernies discales et autres démons qui nous paralysent les hanches. De 9h30 à 12h30, je vous apprendrai comment reprendre vos hanches en mains et retrouver une mobilité satisfaisante par vous-même. Ce qui compte c’est que vous sachiez retrouver votre autonomie.
Pour les informations, suivez ce lien.
Merci !
Un ami étudiant et pratiquant le Seitai à Paris, Romain Cazaumayou, m’a contacté suite à mon dernier article sur les soins à prendre après un accouchement. Il dit avoir reçu une demande de la part d’un couple à la recherche d’informations sur le Seitai car la dame est enceinte depuis peu. Le père de son mari ayant connu le Seitai grâce à Mr Itsuo Tsuda (un des premiers à parler du seitai en France dans les années 70) lui a conseillé de s’intéresser au Seitai pour bien préparer l’accouchement. Le couple souhaite venir au prochain atelier où Romain a prévu d’aborder le taiso du printemps et Kômori Taisô.

Ainsi, Romain me demandait de lui donner des précisions sur les taisô à pratiquer et à ne pas pratiquer pour les femmes enceintes, ainsi que mes recommandations éventuelles concernant les techniques du toucher.

Les réponses peuvent être utiles pour bien d’autres personnes. Je les partage ici avec vous.

“Va doucement avec les femmes enceintes.
Comme je crois t’avoir dit une fois on évitera tout taisô qui travail le bassin et les hanches. Ceci étant dit, cela enlève d’un coup un sacré volume.
Biensûr, il y a des exceptions, mais ne connaissant pas la condition de la dame, je m’en tiendrais aux recommandations de M. Imoto sans hésiter.

Il reste cependant, quelques exercices très utiles que l’on conseillera en fonction du dynamisme de la dame.

Shinsokuhô

Le premier est Shinsokuhô, ou principe de respiration profonde. Il consiste à fortifier la vitalité corporelle en encrant celle-ci dans le fond du corps où se trouve le centre de gravité. Shinsokuhô présente notamment l’intérêt de fortifier la région des hanches et notamment, de redresser le plancher pelvien. C’est un exercice très simple qui donne de la force tout en prenant soin de la souplesse du corps. En outre, le fait de pratiquer Shinsokuhô pendant la grossesse, entraîne le bébé à se maintenir en position haute. Ce qui est très agréable pour la femme. La plupart des inconforts arrivent lorsque le bébé descend dans le ventre, et la 4e vertèbre lombaire perd sa force et son centrage. Si une femme enceinte ne devait apprendre qu’une seule chose du Seitai, ce serait sans hésitation : Shinsokuhô.

Gyokihô

Tout le monde le dit, tout le monde le sait : pendant la grossesse, le corps d’une femme change. Cependant, peu de personnes savent exactement comment. Nous l’avons vu dans l’article précédent. De son côté, en nous forçant à nous servir de nos mains, M. Imoto a le talent extraordinaire de nous faire découvrir les subtilités du fonctionnement de la vie. En revanche, quand il s’agit de soi-même, il est difficile de se servir de ses mains pour déceler les changements qui opèrent en soi. Il faut un autre outils appelé Gyokihô. Il s’agit d’un exercice qui lie attention et respiration de telle sorte que notre corps devient, je dirais, palpable de l’intérieur. C’est un exercice très réconfortant, qui calme le mental et débouche sur une sensation plus sereine (et plus saine) du corps. Excellent pour renouer avec soi-même, je le recommande à toute personne qui recherche un exercices profond et enrichissant, tout en gardant les pieds sur terre. Il est valable autant pour les hommes que pour les femmes.

La promenade en solitaire (dans l’intérêt de Taikyô)

la vie est précieuse. Pourquoi attendre qu’elle soit là, devant nos yeux pour nous en prendre conscience ? La vie est partout, même dans le secret. La période prénatale est un moment extrêmement précieux durant lequel l’être en formation s’imprègne sans réserve de toutes les expériences que traverse sa mère (travail, situation sociale, relation avec l’environnement, avec le conjoint, les projets pour l’enfant, etc.). A partir du 3e mois de la grossesse, quand le système nerveux se forme, le petit être ressent tout. Ainsi, toutes les expériences que vie la maman laissent une empreinte dans le système nerveux de l’enfant, formant ainsi la trame de sa dimension inconsciente.
Il importe alors à la future maman de créer un lien privilégié avec son enfant. M. Imoto propose de faire une promenade quotidienne en solitaire afin de créer ce moment privilégié où la maman communique avec son enfant en lui parlant doucement des expériences qu’elle vit, des émotions qu’elle traverse de temps en temps, etc. Bref, l’idée est de parler à l’enfant comme s’il était déjà présent dans le monde, comme pour l’éveiller et si nécessaire, le rassurer. En Seitai, ce type de communication est appelé “Taikyô”, comprenez : éducation prénatale, et vise à créer un lien fort entre la mère et son petit. Lorsque la communication est bien établie avant la naissance, cette relation se poursuit naturellement par la suite. Les rapports en sont facilités.

OK, mais un bébé en comprend pas le langage, me direz-vous. Certes. Cependant, vous avez peut-être une expérience de ce qui suit.
Deux amoureux qui se tiennent par la main n’ont pas besoin de beaucoup de mots pour se sentir connecté l’un à l’autre. L’amour est là. Et parce qu’il est intense et mutuel, il fait du bien. C’est aussi simple que cela. N’allez pas croire qu’un enfant qui ne connaît pas le langage des adultes ne comprend (ou ne ressent) rien. Ce serait une grave, une très grave erreur.

Dôki sur le ventre

Par Dôki, comprenez le geste de poser la main sur le corps d’une personnes et laisser la vie s’éveiller et palpiter. C’est tout !
Dans le cas qui nous concerne, il s’agit d’un exercice très enrichissant que le papa peut faire en posant ses mains sur le ventre de sa compagne. A plusieurs reprises j’ai montré à des amis dont la compagne était enceinte comment faire Dôki. Chaque fois cela se révéla une expérience spéciale pour le papa. Un peu comme si une porte s’ouvrait de façon tout à fait inattendue.

Je crois qu’une femme comprend le lien entre la vie et la grossesse très différemment d’un homme. Une femme dit : “je suis enceinte” au présent. Un homme dit : “je vais être papa”. Sa perception de la chose le projette dans un autre temps. La femme qui vit sa grossesse est dans une relation immédiate avec l’enfant. L’homme quand à lui ne peut l’envisager que depuis une certaine distance qui ne concerne en rien sa perception intérieure (sauf peut-être ses émotions, mais c’est différent).
Le fait de poser la main sur le ventre de sa compagne et de faire Dôki créer un lien particulier entre le père et l’enfant. L’enfant ressent le contact comme différent de celui de sa mère. Le père qui y met tout son coeur apprend à se faire connaître de son enfant et établit un échange qui fera sens quand le petit sera là. En outre, M. Imoto affirme que Dôki est un exercice riche qui permet de resserrer les liens familiaux. Pourquoi s’en priver ?

Avec Dôki, je parle d’une action délibérée, et non simplement de faire un câlin. Dôki demande de se mettre dans une disposition particulière. En contact avec le corps de sa compagne, le père dirige toute son attention vers son enfant. Je pense que c’est une façon simple et naturelle de rendre réel quelque chose qui autrement, reste abscons dans l’esprit de beaucoup d’hommes encore.

Technique du toucher sur le dos

Au-delà des principes énoncés plus haut, je suis assez récalcitrant quant au fait de manipuler le dos d’une femme enceinte. A moins qu’il n’y ait un problème avéré, et d’être un professionnel de haut rang, je n’invite personne sur cette voie. Entre des mains inexpérimentées, les risques sont trop grands. En outre, une fois que le ventre s’est arrondi, c’est presque une torture de demander à une femme enceinte de s’allonger sur le ventre. Dans ce dernier cas, il n’y a pas de raccourcis. Il faut connaître les techniques.”

Telle fut ma réponse aux questions de Romain.
Je souhaite que le partage de ces échanges vous éclairent, et peut-être vous aident à trouver des informations utiles.

Si vous avez des commentaires ou des questions sur ce sujet, laissez un message dans les commentaires ci-dessous.

Vivez pleinement.

Olivier

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