Attention, ceci pourrait vous rendre autonome !

En mars 2001, alors que j’étais à Paris, j’ai reçu une invitation à participer à un stage de développement personnel pour cadres supérieurs et dirigeants d’entreprises. J’arrivais à peine d’un long périple autour de la planète, dont presque 2 ans à repenser ma vision du monde les pieds dans l’eau des lagons polynésiens. Profondément imprégné par la liberté des voyages et le soleil des tropiques, je me sentais un peu décalé lorsque je me retrouvai dans cette assemblée de gens importants, et aux préoccupations à des années lumière de mon vieux sac à dos. J’étais l’indigène du groupe.

Le premier jour, il y eu un tour de table où les membres devaient se présenter. Chacun exposait sa position, son rôle dans l’entreprise, ses objectifs, ses responsabilités, ses contraintes professionnelles et personnelles, et finissait par présenter ses rêves et désirs de changements. Ce fut un impressionnant défilé de titres, de diplômes, de chiffres et de visions d’affaires qui conféraient à cette assemblée un ton lourd et austère. J’étais parmi les derniers à parler. Or, plus mon tour approchait, plus je me sentais en total décalage. J’étais assez impressionné, et je me demandais ce que je pourrais bien dire de sérieux tout en restant fidèle à moi-même. Pendant que chacun parlait, j’observais les corps et les comportements. Je scrutais avec un certain intérêt les mimiques, les postures et tout ce que le langage corporel pouvait révéler de mes collègues de stage.

Le jeune homme qui parla avant moi avait mon âge. Il sortait de Sciences-Po, fréquentait l’Ecole Nationale d’Administration, et était directeur des achats d’une des plus importantes sociétés pharmaceutiques au monde. La seule présentation de ses impressionnantes compétences avait bien pris 10 minutes. Lorsque vint mon tour, mon intervention fut très brève et tenait en ces quelques mots : « Bonjour, je m’appelle Olivier Nesmon. J’ai étudié la médecine japonaise à Tokyo. J’arrive d’un séjour de 2 ans à Tahiti, et mon rêve professionnel est de créer une organisation humanitaire (ONG) pour venir en aide aux pays industrialisés… »

C’est dans de tels moments que la connaissance du langage corporel révèle toute sa saveur. D’après l’attitude « pincée » de certains membres, et le regard foudroyant que me lança l’organisatrice, de toute évidence, ma très courte intervention avait fait quelques vagues au sein de ces esprits bien en ordre. Loin de moi l’idée de faire le cancre. J’étais très sérieux. Mon seul tord fut d’avoir une idée qui sorte des sentiers battus, pour ne pas dire « extra - ordinaire ».

Depuis, je n’ai pas cessé de travailler et de polir ma vision. Mais ce n’est que maintenant que je touche enfin à l’essence du lent cheminement qui a commencé il y a 20 ans avec le Seitai de Maître Imoto, et qui désormais prend la forme d’un sentiment profond. Je l’appelle le “sentiment corporel”. Il est le résultat d’une démarche qui consiste à renouer avec notre corps, et à retrouver le “Sens” de la Vie en nous.

Il ne s’agit pas ici du sens philosophique ou spirituel que nous sommes conditionnés à élaborer par la pensée. Je parle plutôt du sens tactile de la Vie qui passe nécessairement par un chemin intérieur. Or, lorsqu’il est abordé de façon directe et intense, on voit l’être humain peu à peu se réconcilier, “corps et âme”, avec lui-même et avec la Vie. Cela devient une rencontre, une expérience toute simple qui nous place en douceur face à nos aspects inconscients, clés de nos tourments et de nos maladies. Plus nous avançons vers la connaissance de nous-même, plus la Vie retrouve sa place en nous. Cette réalité est alors vécue comme un fait, et non comme une idée ou un concept que l’intellect tend à s’approprier et à désincarner. Certes, ça prend du temps, de l’intensité et de la persévérance. Mais cela produit un recadrage naturel et bienfaisant de la perception.

Le “sentiment corporel” est un territoire précieux que j’explore depuis des années. Je l’ai appelé ainsi par goût pour la poésie, et aussi parce que l’intellect ne peut le saisir. “Pour que ce soit vrai, il faut que ça passe par le corps ici et maintenant !” Loin de toute agitation, à l’écart du mental empressé et préoccupé, en présence du sentiment corporel, on se sent bien, en paix et réunifié. Que dire de plus ?

Si ce message vous interpelle, si le défit d’apprendre à vous connaître sans passer par le mental vous stimule, si les mots : “penser avec le corps” vous rendent curieux ou curieuse, si vous cherchez comment vous remettre dans la vie, rejoignez-moi le dimanche 11 janvier 2009 chez les Frères du Sacré Cœur à Rimouski de 9h30 à 12h30.

Notez bien qu’il ne s’agit pas d’un cours, ni d’une formation, mais d’un entraînement qui, d’une certaine façon, vous place sur un point de départ idéal pour vous rapprocher de vous-même. Je vous montrerai le chemin, mais vous seul(e) pourrez avancer.

Ah, j’oubliais. Participation : 33$ par personne.

Enfin, si Rimouski est trop loin de chez vous, suivez ce blog. Je suis curieux de connaître vos réflexions afin d’étayer davantage la question.

Vivez pleinement.

Olivier

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Damien Robitaille : Mètre de mon être

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