Seitaiho - Toucher la Vie
La santé vient de l'intérieur. Retrouvez votre autonomie
Me Imoto
dans le
dojo de l'Institut Imoto Seitai -
TokyoRéflexions sur la santé
Mon expérience du Seitai remonte à plus de 45 ans. C’est pourquoi je souhaite exposer le point de vue que j'ai peu à peu développé et approfondi au sujet de la santé afin d’inviter le plus grand nombre de personnes à réfléchir sur ce point.
Qu'est-ce que la santé ?
A la question: “qu'est-ce que la santé?” la plupart des gens répondent par: ”le fait de vivre sans être malade.” Cependant, en Seitai on doute de la bonne santé s'il n'y a pas de maladie. Ces temps-ci on rencontre énormément de gens qui sans être malades ne se sentent pas bien. D'un autre côté, il y a des malades pleins d'énergie. Lesquels sont en meilleure santé ? Du point de vue du Seitai un corps en bonne santé est actif et mobile. Il bouge avant la pensée, sa sensibilité est vive, ses goûts prononcés, et il s'adapte rapidement à la nouvelle saison. Lorsqu'il mange un aliment avarié, le corps sain évacue rapidement les poisons par la diarrhée ou les vomissements, par exemple. Il éternue ou les yeux pleurent lorsqu'un grain de poussière pénètre dans le nez ou dans l'oeil. Grâce à ces réflexes, notre corps fonctionne de manière à évacuer ce dont il n'a pas besoin. Alors qu'il fait cela spontanément, on a pris l'habitude de donner des noms de maladies à ces réactions naturelles. C'est amusant, non ? On prend des médicaments pour stopper les symptômes, ou on se vaccine pour éviter que ceux-ci n'arrivent. Mais le pis, c'est de prendre des médicaments pour aider à la digestion quand l'estomac ne fonctionne pas. Je trouve cela vraiment bizarre, mais le monde entier agit ainsi. Afin d'éviter la maladie, finalement on s'éloigne de la santé. On considère le fait de ne pas être malade comme signe de bonne santé, alors que “l'absence de maladie est une maladie”. Pour rester en bonne santé on évite le froid, on se tient à l'écart de la chaleur ou de l'humidité. En fait, on affaiblit notre résistance aux éléments extérieurs. On ne peut certainement pas s'affirmer en bonne santé si l'on vit dans de telles conditions. Qu'il fasse chaud, froid ou trop humide, notre corps travaille pour nous maintenir en vie, et toutes les fonctions sont rassemblées pour y parvenir. Eveiller ces fonctions et répondre attentivement aux besoins du corps pour ne pas perdre nos capacités de rester en vie, ne sont-ce pas là les choses les plus importantes avant le style de vie ? C'est en tout cas ainsi que je pense.
Plus tôt, je parlais de ceux qui ne sont pas malades mais ne se sentent pas en forme, tandis que d'autres sont effectivement malades et malgré tout pleins de vie. D'autres encore, plus nombreux, subissent des examens où rien d'anormal n'apparaît, mais décèdent de manière soudaine et inattendue. Si l'on ne trouve rien lors des examens, s'ils ne ressentent rien mais meurent si subitement, alors ceux-là sont insensibles. En Seitai nous affirmons que le corps doit exprimer ses dérèglement à l'avance. Il y en a qui rêvent au petit matin (le Seitai considère le rêve comme anormal) ou somnolent au milieu de la journée L'un a besoin de manger en grande quantité, tandis qu'un autre doit dormir longtemps. Peu à peu les épaules se raidissent. Toutes ces caractéristiques montrent que le corps n'est pas en bonne santé. Un corps sain ne souffre pas de la fatigue après un effort. Il dort d'une seule traite, profondément, sans rêver Lorsqu'il se réveille, c'est déjà le matin. Il mange peu, dort peu. Il se mobilise deux fois plus que les autres. S'il est fatigué, il récupère vite grâce à un court sommeil ou il se délasse vite au repos et reste toujours souple. Voilà ce qu'est un corps en bonne santé. Lorsqu'il élimine, ses selles sont claires et s'évacuent sans effort. L'assimilation des éléments nutritifs est excellente même s'il mange peu. Il paraît toujours frais comme après une douche. Il arrive parfois que l'on ne se sente pas dans son assiette, ou que l'on ait besoin d'un bain ou d'une douche pour se rafraîchir. Comprenez là que notre corps s'est engourdi. On ne peut certainement pas se prétendre en bonne santé si notre corps ne bouge pas librement. Cependant, il y a des gens qui ne ressentent pas l'accumulation de la fatigue. Au toucher, on sent que le corps est raide, mais le sujet lui-même ne le ressent pas. Il ne s'enrhume pas non plus. Ses épaules se contractent et s'écartent. La région de l'épigastre se raidit. Voilà le type de personnes frappées de mort subite. Ce n'est sûrement pas le fait du hasard: ils sont malades mais ne le ressentent pas. C'est cela la maladie “absence de maladie”. Le corps des êtres humains ne change pas brusquement en claquant des doigts. C'est impossible ! Les changements évoluent lentement à travers le temps. Si le corps est engourdi, il ne sent rien des petites variations. On se croit en bonne santé, et un jour on se retrouve avec une maladie grave. Cela n'a rien à voir avec la fatalité. Les gens dans cette condition n'aiment pas les changements de températures extrêmes, et n'ont qu'une petite marge de confort, alors que l'on devrait appréhender les climats chauds ou froids sans désagrément. Un individu “Seitai” supporte mieux la souffrance. ll est ouvert, oublie vite les petits ennuis du corps ou de l’esprit. Il vit à coeur ouvert. Sa cage thoracique est forte et sa respiration profonde. Sa concentration est intense dans le travail comme dans l’étude, mais lorsqu'il se détend, il oublie tout. Il fait tout cela naturellement sans pratique ni entraînement particuliers. Dans le cas contraire, on ne pourrait pas affirmer qu'il est en bonne santé. C'est ainsi que je souhaite amener chacun à penser.
Dôki-Hô
Ces derniers temps, on parle beaucoup de pratique de concentration de l'esprit ou de pouvoirs surnaturels. Il n'y a rien de particulier là-dedans. Rien de différent à la pratique de Dôki-Hô. Je pratique Dôki depuis plus de 45 ans et je sais qu'il s'agit d'un savoir-faire accessible à tout le monde, pas exclusivement aux orientaux. Il y a pourtant quelque chose d'étrange avec Dôki. Plus on le pratique, plus on accroît la sensibilité du corps: il ne s'engourdit pas. En revanche, face aux multiples stimulations de l'extérieur, le corps réagit pour se protéger : il se durcit. Le traitement en acupuncture, par exemple, commence avec des aiguilles très souples, puis peu à peu il faut utiliser des aiguilles de plus en plus solides. Il en va de même pour le moxa. On démarre avec de faibles doses, puis il faut utiliser des quantités de plus en plus importantes pour obtenir un effet. A cela, le shiatsu ne fait pas exception. De même, si l'on répète chaque fois la même réflexion à quelqu'un, au bout de quelque temps il ne réagit plus. Ainsi en est-il pour les poisons ou les médicaments. Ils perdent leur efficacité. Telle est la différence avec Dôki-Hô: plus on le pratique, plus le corps devient sensible.
Depuis son apparition, le Seitai unit le corps et le cœur (les notions de cœur et d'esprit ne sont pas distinctes en Seitai), contrairement à la médecine occidentale qui n'admet leur unicité que depuis peu. Si le cœur et le corps ne font qu'un, on comprend évidemment que l’un peut avoir un effet sur l’autre, mais peu de gens s'en sont rendus compte. C'est malgré tout le terrain d'action privilégié du Seitai qui inclut dans sa pratique un point plus profond encore: celui du subconscient. Pour comprendre le subconscient, il faut observer en profondeur la santé telle qu'elle est en réalité. Connaître et enseigner le fonctionnement du subconscient est la meilleure pédagogie pour une vie plus saine, car si on le laisse se révéler doucement, naturellement, il travaille pour nous conduire à la santé. J'en ai fait maintes fois l'expérience. La question n'est pas de savoir si je suis doué pour guérir la maladie. Je travaille pour que la force vitale du malade se révèle, trouve sa direction et se développe spontanément. Je recherche les lésions du corps, ses distorsions, puis je réveille la vitalité endormie. Sans rien faire d'autre, le corps se tourne vers la santé. Voilà ma fonction: “diriger habilement ce désir de vivre ou de mourir qui est à l'origine de l'action des Hommes”. Si l'on soulage l'individu de manière à passer outre les difficultés, en douceur, il se tourne naturellement vers la santé. Orienter le subconscient et le corps du patient relève de la pratique du professionnel du Seitai. Souvent, mes élèves se plaignent que mes cours sont difficiles. Ce qui les freine le plus, c'est apprendre à distinguer le caractère particulier de chacun. C'est pourtant là l'essence même du Seitai. On ne fait pas la même chose pour tout le monde. Nous avons tous la même structure, mais la manière d'utiliser notre corps ou de percevoir les choses diffère d'un individu à l'autre. Par exemple nous ne ressentons pas une démangeaison tous de la même manière, ni forcément au même endroit. Le nombre de fois où il faut se gratter pour se soulager ainsi que la manière de le faire varie de l'un à l'autre . Voilà qui soulève le problème de la sensibilité. Or, sensibilité et santé sont inséparables. Manger un plat qui vous plaît signifie que c'est ce qui convient à votre corps. Voyez, les vers de terre se nourrissent des bactéries cachées dans la terre. Ils ne les mangent pas parce qu'ils souhaitent être malades, mais parce que c’est ce qui leur convient. Les oiseaux se nourrissent de fruits pourris tout simplement parce qu'ils aiment ça. Le tigre ne mange pas de légumes mais plutôt de la viande parce qu'il aime la viande. Tous les êtres vivants ont leurs goûts. Certains animaux se nourrissent d'herbe ou de l'écorce des arbres. Si nous en mangeons, non seulement cela n'a rien d'appétissant, mais en plus on ne le digère pas. Nous ne mangeons que ce que notre estomac peut assimiler. A-t-on jamais vu quelqu’un manger de la houille parce que c' est riche en calorie?
Les gens inventent tellement de choses pour conserver la santé. Pourtant, prendre trop d'aliments riches en protéines au point que celles-ci abondent dans le corps indique que ce dernier est faible. Une voiture en bon état parcourt sans problème une longue distance avec peu de carburant, alors qu'une vieille voiture mal réglée a besoin de plus d’énergie. De même un corps en bonne santé a besoin de peu d'éléments nutritifs pour fonctionner. Il est capable d'assimiler toutes les protéines d'un aliment très peu riche. Cela prouve que l'estomac et le reste du corps sont forts et en très bonne santé. Penser que l'on va manquer de calories parce que l'on mange moins que la voisine n'a pour seul but que celui d'affaiblir l'estomac. Si l'on continue ainsi sans cesse, les protéines surabondent et le corps devra travailler pour les éliminer. Mais s'il prend cette habitude, il risque d'éliminer en même temps ce dont il a besoin. Trop s'alimenter peut aussi empoisonner. Cela n'a donc aucun sens de manger pour faire des réserves. Après une tâche épuisante, on dort profondément. Si au réveil on se sent frais, le corps est en bonne condition. Au contraire, si l'on épargne ses forces justement afin de ne pas se fatiguer inutilement, ou si l'on doit dormir longtemps pour récupérer de la fatigue, le corps s’engourdit.
Dans ce sens, lorsqu’il tombe malade, le corps œuvre spontanément pour récupérer et éliminer l'excès d'éléments nutritifs. En travaillant ainsi, il émet des signaux de l'intérieur qu'il faut apprendre à interpréter et s'y plier naturellement. C'est la meilleure manière de vivre. Les animaux agissent en fonction des besoins qu'ils ressentent, autrefois les japonais liaient la vie au Ki. On ne peut pas comprendre ce qui anime les hommes ou ce qui rattache le cœur à la santé uniquement par la science, la physique ou la philosophie. Aujourd'hui la médecine moderne ne regarde que le corps physique et détermine la maladie en fonction des corps pathogènes comme les bactéries. On fabrique de plus en plus de médicaments pour les détruire, mais on ne peut pas les tuer toutes. De plus, elles s'adaptent pour mieux résister face aux médicaments et nous obligent à chercher un remède plus fort, et ainsi de suite. On croyait avoirs éliminé la tuberculose, mais elle réapparait aujourd'hui encore plus fatale. On se retrouve aussi face au cancer et à d'autres maux menaçants nous enfermant dans une roue sans fin. Aujourd’hui, nous sommes capables de créer des vaccins contre toutes sortes de virus dont la résistance est très variable. Cependant notre corps aussi a la capacité de développer une force incroyable pour se protéger. La médecine moderne a fait de gros progrès dans tous les sens contre la maladie. Elle arrive à soigner, mais grâce à toute une diversité technologique qui ne fait pas partie de nous. Je ne crois pas que cela soit la santé. Si les Hommes obtenaient la santé par leurs propres moyens (de l’intérieur), ce serait mieux. Depuis quelques années se répand l'idée qu'il faut revenir à la nature parce que c'est le meilleur moyen de conserver la santé. Ainsi, aller à la montagne, s'entourer d'arbres, contempler un lac ou la mer sont dits naturels. Peut-être bien. Mais il faut quand même distinguer certaines nuances. Parce que les désirs, le genre de vie de chacun sont très différents, être naturel signifie plutôt vivre en fonction de nos besoins propres. Telle est ma pensée. Bronzer au bord de la mer, se croire proche de la nature en gravissant une montagne est un peu différent du concept “naturel". Laissons tomber notre intellect, et rapprochons-nous de ce qui réside au fond de nous même. Laissons nos besoins inconscients guider notre vie. N'est-ce pas plus naturel ainsi? Plutôt que chercher à l'extérieur, pourquoi ne pas chercher en nous et saisir notre vraie nature? Voilà comment je pense. Le monde des Hommes s'éloigne peu à peu de ce qui est “naturel” de manière désordonnée. Au fond la raison principale réside dans le déséquilibre entre la concentration et le relâchement. Chacun a un état qui lui est propre. Il faut donc observer les Hommes dans le but de trouver le moyen de rétablir l'équilibre. Par exemple, pour assouvir un besoin, le corps doit contracter ses muscles pour se déplacer puis s'immobiliser. Si un muscle se raidit, la force stagne, le besoin à assouvir s'y arrête et le corps perd de son dynamisme pour atteindre à sa satisfaction. Cependant l'énergie s'accumule et entraîne une réaction (symptôme, trouble, lésion). Si un muscle se contracte, un autre se détend. Cet équilibre se rétablit sans la moindre intervention de l'intellect. En regardant le corps avec énormément d'attention, on peut comprendre ses besoins réels et déceler l'énergie stagnante. Alors, les pulsions soudaines, les désirs profonds etc..., tout apparaît clairement. Soigner ne se résume pas simplement à manipuler les vertèbres ou à toucher les tissus et les muscles. Il faut percevoir l'activité et les besoins de l'inconscient dans son corps.
Texte Original Imoto Kuniaki.
Traduction Olivier Nesmon
®Imoto Seitai